L'actu décryptée
10/06/2011
Pension de réversion : vos droits - Billet de Laurence Ollivier
Chaque mois ou chaque trimestre, un retraité perçoit une pension. En cas de décès, sa veuve (ou son veuf) peut parfois continuer à en percevoir une fraction – on parle de pension de réversion. Son versement n’est toutefois ni de droit ni automatique. Voici les stratégies à mettre en place pour préserver son niveau de vie en cas de veuvage.
 |
Laurence OLLIVIER
|
La réversion est égale à une fraction de la pension que percevait le défunt : elle représente 60 % des retraites complémentaires, 54 % de la pension de la Sécurité sociale, 50 % pour les veuves ou veufs de fonctionnaires. Renseignez-vous cependant auprès de vos caisses. Les conditions d’âge et de ressources exigées varient considérablement d’un régime à l’autre, empêchant même parfois le conjoint survivant d’en bénéficier.
Un droit sous haute condition
Outre des conditions d’âge et de revenus, seuls les « conjoints survivants » y ont accès : les partenaires de Pacs ou les concubins en sont donc exclus. Si vous n’avez jamais été marié et si vous vivez en couple, pensez-y, c’est peut-être le moment de demander à votre compagne(gnon) de vous passer la bague au doigt. A contrario, attention au remariage ! Car si dans le régime général des salariés, le remariage du conjoint survivant n’a aucune incidence sur le versement de la pension de réversion (si les conditions de ressources sont respectées), en revanche, les caisses complémentaires et le régime des fonctionnaires suppriment la réversion en cas de remariage.
Ce n’est pas automatique
Il faut le savoir. Même informées d’un décès, les caisses de retraite ne convertissent pas automatiquement la retraite versée en réversion. C’est au conjoint survivant de se manifester et de déposer un dossier auprès de l’une des caisses de retraite de base et complémentaires (Arrco pour tous les salariés, Agirc pour les cadres) du défunt. Quand ? Le plus tôt possible et, idéalement, au plus tard dans l’année qui suit le décès.
Soyez prévoyant(e)
Réversion insuffisante ou inexistante : que faire pour préserver le train de vie de son conjoint, en cas de décès ? Dès que possible, achetez votre résidence principale afin de constituer un patrimoine et de garantir à votre moitié un toit pour ses vieux jours. Épargnez régulièrement. Des placements qui se dénouent en rente viagère existent pour compenser la baisse des revenus (assurance vie en particulier). La réversion s’effectue alors au niveau choisi par l’assuré sans condition d’âge ni de revenus. Enfin, pensez à consulter un notaire en vue de prendre les bonnes dispositions pour protéger au mieux ses intérêts (donation, testament, changement de régime matrimonial…).